Sommaire de la fiche
- Comment se calcule la plus-value imposable sur des titres ?
- Flat tax à 31,4 % ou barème progressif : quelle option choisir ?
- L'abattement pour durée de détention : un avantage réservé aux titres anciens
- Quelles sont les enveloppes qui exonèrent les plus-values ?
- Les cas particuliers : BSPCE, options d'achat d'actions et sociétés de capital-risque
- Comment déclarer ses plus-values et éviter les erreurs ?
Vendre des actions, des obligations ou des parts sociales peut générer un gain, mais aussi un impôt. Pour un résident fiscal français, la règle de base est simple : la plus-value est la différence positive entre le prix de vente et le prix d'achat du titre. Ce gain doit être déclaré l'année qui suit la vente, et il est soumis à un prélèvement forfaitaire unique (PFU), souvent appelé « flat tax », au taux de 31,4 %. Ce taux se décompose en 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Il existe cependant une alternative : opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu. Ce choix, qui se fait chaque année lors de la déclaration, n'est pas anodin et mérite qu'on s'y attarde.
Comment se calcule la plus-value imposable sur des titres ?
Le calcul de la plus-value brute est une soustraction : prix de cession moins prix d'acquisition. Pour les actions acquises à des dates différentes, le prix d'acquisition retenu est le prix de revient moyen unitaire, ajusté le cas échéant des attributions d'actions gratuites pendant la période de détention. L'administration fiscale ne s'intéresse pas à chaque ligne d'achat individuellement, mais au coût moyen de vos titres.

Les moins-values : comment les imputer ?
Si une vente se solde par une perte, vous ne pouvez pas la déduire de votre revenu global. En revanche, la moins-value peut être imputée sur des plus-values de même nature réalisées la même année. Si le solde est négatif ou si vous n'avez pas réalisé de gain, l'excédent se reporte sur les plus-values des 10 années suivantes. Un ordre de déduction s'applique : vous devez d'abord déduire les moins-values de l'année, puis les moins-values reportables, en commençant par les plus anciennes.
Prenons un exemple concret : en 2025, vous vendez des titres « A » avec un gain de 3 000 € et des titres « B » avec une perte de 4 000 €. Vous subissez une moins-value nette de 1 000 €. Cette perte pourra être déduite d'une plus-value future, pendant 10 ans. C'est un mécanisme de compensation qui allège la facture fiscale lors des années fastes.
Flat tax à 31,4 % ou barème progressif : quelle option choisir ?
Le PFU s'applique de plein droit. Pour choisir le barème progressif, vous devez cocher la case 2OP de votre déclaration de revenus. Cette option est globale : elle s'applique à l'ensemble des revenus de capitaux mobiliers du foyer fiscal, pas seulement à vos plus-values. Il n'est pas possible de choisir le barème progressif pour une seule vente et la flat tax pour une autre.
L'option pour le barème progressif est souvent pertinente si votre tranche marginale d'imposition est inférieure à 12,8 %. Dans ce cas, le taux d'imposition sur la plus-value sera plus faible, mais il faudra tout de même ajouter les 18,6 % de prélèvements sociaux. Le gain peut être réel pour les foyers modestes. À l'inverse, si votre tranche marginale est élevée, la flat tax reste plus avantageuse.
Une précision importante pour les revenus de 2026 (déclarés en 2027) : vous pourrez renoncer à votre option pour le barème progressif si elle vous est finalement défavorable, dans le délai de réclamation ou en cours de contrôle. Cette souplesse n'existait pas auparavant.
L'abattement pour durée de détention : un avantage réservé aux titres anciens
Si vous optez pour le barème progressif et que vos titres ont été acquis avant le 1er janvier 2018, vous pouvez bénéficier d'un abattement pour durée de détention. Cet abattement s'applique uniquement à la part imposable à l'impôt sur le revenu, pas aux prélèvements sociaux qui restent dus sur la totalité de la plus-value.
Les taux d'abattement sont les suivants :
- 50 % pour une durée de détention comprise entre 2 et moins de 8 ans ;
- 65 % pour une durée de détention d'au moins 8 ans.
Cet abattement ne concerne pas les titres acquis après le 1er janvier 2018. Pour ceux-là, seule la flat tax ou le barème progressif sans abattement s'applique. C'est un point à vérifier avant de choisir votre mode d'imposition, car l'abattement peut rendre le barème progressif plus attractif que la flat tax, même pour un foyer dans une tranche moyenne.
Quelles sont les enveloppes qui exonèrent les plus-values ?
Toutes les plus-values ne sont pas imposables. Certains dispositifs d'épargne offrent une exonération, sous conditions :

- le plan d'épargne en actions (PEA) ;
- l'épargne salariale, comme le plan d'épargne entreprise (PEE) ou le Perco.
Dans ces enveloppes, les gains de cession ne sont pas soumis à l'impôt sur le revenu, à condition de respecter les règles de fonctionnement du plan (durée de détention, retraits, etc.). Les prélèvements sociaux peuvent toutefois s'appliquer dans certains cas, notamment en cas de retrait avant l'échéance.
Pour les actions détenues en compte-titres ordinaire, aucune exonération n'est prévue. C'est le régime général décrit plus haut qui s'applique.
Les cas particuliers : BSPCE, options d'achat d'actions et sociétés de capital-risque
Certains dispositifs d'actionnariat salarié ou de création d'entreprise ont des règles spécifiques. Les bons de souscription de parts de créateur d'entreprise (BSPCE) attribués à compter du 1er janvier 2018 sont soumis au PFU, avec possibilité d'opter pour le barème progressif. Depuis le 1er janvier 2025, le gain d'exercice de ces bons est également imposable. Si le bénéficiaire exerce son activité depuis moins de 3 ans, le taux appliqué est de 30 %.
Pour les options d'achat d'actions attribuées entre le 27 avril 2000 et le 27 septembre 2012, le taux applicable est de 18 %, 30 % ou 41 %, selon la fraction annuelle du gain (seuil de 152 500 €) et la durée de conservation des titres. Les actions attribuées à compter du 28 septembre 2012 sont imposables dans la catégorie des salaires. Les distributions réalisées par les sociétés de capital-risque à un non-résident sont soumises à un taux de 12,8 %, porté à 75 % si elles sont payées dans un État ou territoire non coopératif.
Ces cas particuliers concernent une minorité de contribuables. Pour la plupart des investisseurs, le régime du PFU et l'option pour le barème progressif suffisent à comprendre l'imposition.
Comment déclarer ses plus-values et éviter les erreurs ?
En pratique, l'établissement financier qui gère vos titres calcule vos plus-values et moins-values et vous remet un récapitulatif. Pour les dividendes et les rompus d'actions gratuites, l'imprimé fiscal unique (IFU) reprend les montants à reporter dans votre déclaration. Les rompus doivent être déclarés comme une plus-value de cession sans abattement, en case 3VG.
Pour les plus-values, vous devez reporter le montant brut de cession et le montant de la plus-value. Si vous optez pour le barème progressif et que vous bénéficiez d'un abattement pour durée de détention, vous devez indiquer le montant avant abattement (case 3VG) et le montant de l'abattement appliqué (case 3SG). Le formulaire 2074 peut vous aider à détailler vos calculs. Vous êtes personnellement responsable de la déclaration de vos revenus, même si votre banque vous fournit les informations.
Une erreur fréquente consiste à oublier de déclarer les moins-values reportables des années précédentes. Si vous avez subi une perte en 2024 et que vous réalisez une plus-value en 2026, vous devez la déduire, en commençant par les moins-values les plus anciennes. Ne pas le faire, c'est payer un impôt supérieur à ce qui est dû.
Le choix entre la flat tax et le barème progressif n'est pas définitif. Il se fait chaque année, au moment de la déclaration. L'administration fiscale met à disposition un simulateur pour comparer les deux options. Pour les foyers dont le taux marginal est inférieur à 12,8 %, le barème progressif est souvent plus avantageux, surtout si les titres ont été acquis avant 2018 et ouvrent droit à l'abattement pour durée de détention. Pour les autres, la flat tax reste le choix le plus simple et souvent le plus rentable.
Avant de vendre, posez-vous la question de votre taux marginal d'imposition et de la date d'acquisition de vos titres. Ces deux éléments déterminent l'essentiel de votre décision. Et si le montant en jeu est important, un calcul précis avec le simulateur de l'administration fiscale vaut mieux qu'une intuition.



